Opération Cerberus

La journée d'hier a été, sans doute, une des plus sensationnelles de cette guerre. De bonne heure le matin, le temps était très mauvais, mais pas assez mauvais pour que nous soyons renvoyés au mess. Si bien que, obligés de rester dans notre baraque, les uns jouaient aux cartes, les autres aux flèches. Certains dormaient sur leurs Mae-West en guise d'oreillers.

Vers 9 h, j'ai été chargé de faire un sondage météorologique. Le plafond était si bas qu'il tangentait, dans l'est de notre terrain, les falaises crayeuses de la New-Forest. Après ce premier plafond, uni mais peu épais, j'ai trouvé un grand espace plein de nimbus isolés qui interceptaient la vue dans tous les sens. Au-dessus, une deuxième couverture de nuages que j'ai percée à 2.000 pieds sans découvrir encore le ciel bleu, mais un nouvel étage où voyagent des bandes de stratus. Un fort vent de suroît chassait ce grand système nuageux.

Après m'être posé, et avoir fait mon bulletin météorologique, j'ai repris la partie d'échecs que j'avais commencée avec Alpool.

Nous voyions midi arriver à l'horloge de la baraque avec le sentiment qu'il n'y aurait rien de la journée. Robby avait décroché le téléphone pour informer le Central que nous allions vider les lieux, quand il nous a fait signe de rester.

- « Je ne sais pas encore, mais il paraît qu'il y a quelque chose en l'air. Il faut attendre. »

Nous sommes surpris et reprenons, qui ses cartes, qui son échiquier avec résignation.

Midi dix, Le téléphone retentit de nouveau. Grosvesnor, qui en est le plus près, décroche l'appareil et aussitôt hurle :

- « Alerte ! »

Nous sommes pris à l'improviste. Bien qu'avertis, la plupart d'entre nous avaient abandonné leurs Mae-West et dehors les mécaniciens commençaient à bâcher les zincs. D'habitude en effet, un quart d'heure après midi, l'escadrille de relève a pris son service. Mais aujourd'hui il semble qu'on ait besoin de tout le monde.

Pendant que nous courons vers nos avions, Grosvesnor me crie :

- « Ce sont les gros bateaux allemands qui ont quitté Brest. Ils sont maintenant du côté de Calais. »

Décollé dans une grande pagaïe, nous avons tourné trois fois autour du terrain avant de prendre notre formation. Puis Carver attaque :

- « Allô, Wallop, ici Moineau-Rouge-un. Moineaux décollés. Demande instructions. ».
- « Allez vous poser à Maidstone où vous recevrez les ordres. »

Le plafond très bas nous a fait chercher ce terrain en rase-mottes, la sensation de vitesse à toucher les arbres nous donnait un avant-goût de combat.

À Maidstone, on devine qu'il y a grande alerte. Malgré l'heure quasi sacrée du lunch, une armée d'arrimeurs et de mécaniciens peuple le bout de piste et nous font aligner, les roues à toucher le goudron. Deux citernes à essence arrivent aussitôt pour faire les pleins.

Moteurs stoppés, nous avons sauté dans l'herbe et, groupés autour de Carver, nous attendons en discutant qu'on vienne nous prendre pour le briefing. Tout ce que je sais pour l'instant, c'est ce que Grosvesnor m'a crié à Ibsley, au moment du départ.

Je n'en suis pas encore revenu. Depuis plusieurs mois, presque chaque nuit les gros bombardiers de la RAF visitent Brest pour mettre les bâtiments de ligne allemands hors de combat. Que ceux-ci aient pu prendre la mer au complet me semble inconcevable. Mes jeunes camarades anglais m'assaillent de questions. Pour ces histoires de bateaux, je fais autorité, comme de juste.

On doit être aujourd'hui rudement pressé. En effet, au lieu de nous grouper, comme d'habitude, dans la salle de conférences pour nous expliquer notre mission, un wing-commander arrive en auto, s'arrête près de nous :

- « Vous allez décoller le plus tôt possible. L'escadre allemande est à l'heure actuelle entre Douvres et Ostende, cap à l'est. Votre mission est d'assurer la maîtrise de l'air dans son voisinage pour permettre à nos bombardiers de les attaquer. Voici des sandwiches. Dépêchez-vous. Bonne chance. »

Pendant que nous grignotons quelques bouts de pain farcis de salade ou de pâté, Carver ajoute ses ordres de bataille :

- « Ça chahute trop pour voler en trois colonnes. Vol de canard ouvert. Et pas de traînard. »

Carver a raison. Nous sommes venus jusqu'ici en 3 colonnes de 4 et, aux remous des nuages très bas, s'ajoutaient ceux des hélices. La formation qu'il vient d'ordonner est bien meilleure.

Aujourd'hui, je suis "Moineau-vert-un", chef de la dernière section à droite.  Grosvesnor est mon sectionnaire.

- « Aux carlingues ! »

Pouces levés, Carver donne le départ.

12 mn plus tard, nous sautons les tours de Douvres dans les nuages. Juste le temps d'avoir entrevu les brisants au pied des falaises de craie et nous sommes au-dessus du premier plafond, dans l'étage peuplé de gros nimbus gris.

- « Vérifiez canons et viseurs. »

Viseur éclairé, bouton de tir sur Feu, je suis prêt. Au-dessous de nous, des déchirures livrent au passage des lambeaux de vert striés d'écume. Sur mer, il fait très mauvais temps.

Un avion passe dans un de ces trous. À peine l'ai-je aperçu, que l'ordre vient :

- « Allo, Green-one investigate. » (Allô, Vert-un, voyez ce que c'est)

Je plonge, suivi de Grosvenor. Sur la mer, assez loin, un MTB est en route vers Douvres.

Un avion, le dos à raser les nuages, semble vouloir, le bombarder. Je suis trop loin pour pouvoir intervenir en temps utile, mais, à tout hasard, j'ai mis pleins gaz. L'avion dépasse la route du petit bâtiment sans l'attaquer. Il vient un peu sur la gauche. Je prends un angle de chasse pour m'apercevoir bientôt qu'il s'agit d'un Beaufort ami.

10 mn de perdues ! J'enrage. Où se trouve Gros­venor ?

Le rétroviseur ne me donne rien, je me dévisse le cou à chercher derrière moi.

- « Allô, Vert-deux, où êtes-vous ? Pas de réponse. »
- « Allô, Vert-deux, Vert-deux, où êtes-vous ? J'écoute. »

Toujours rien. J'ai fait un tour complet, puis, passant le plafond, un autre au-dessus. Mon sectionnaire a disparu. Je suis seul.

Mis cap à l'est, juste au-dessus des nuages. Je voudrais bien voir les gros navires allemands. Un bref calcul m'indique qu'ils doivent être droit devant moi, à une vingtaine de minutes de vol. Des rumeurs lointaines viennent d'ailleurs à passer dans mes écouteurs : appels, interjections, l'image sonore d'un combat.

Le plafond est si mince que je trouve plus habile de passer tantôt dessus, tantôt dessous, où je découvre sur la mer du Nord des grains violets et des nuées si basses qu'elles traînent sur les flots.

Le brouhaha radio se précise, je me rapproche.

J'émerge pour la dixième fois peut-être du plafond, quand une giclée de points de feu passe juste devant mon aile gauche.

Plongé en hâte dans les nuages, je viens sur la droite un instant et ressors au cap primitif. J'espère, avec cette baïonnette, être passé derrière mon agresseur. Mon espoir est déçu, rien en vue.

Décidément, les conditions de combat sont aujour­d'hui extraordinaires, une vraie partie de cache-cache. Mais j'ai pris le contact. Cap à l'est, je dois trouver bientôt la bagarre. Au loin, deux lignes noires parallèles se tracent en oblique entre les plafonds avec la netteté de deux traits gras au fusain. Il me faut quelques secondes pour me rendre compte que j'ai vu piquer deux avions en flammes. Puis, c'est un jet de traceurs, sorti d'un nuage sur ma gauche, et qui s'incurve loin devant mon avion, s'éteint, sans que je sache qui a tiré et sur quel but. L'air semble plein de guet-apens fantasques, où les décors mouvants des nuages jouent un rôle théâtral.

Les rumeurs sont devenues des bruits dans mes écouteurs. Mais à part quelques injures brèves, je n'arrive pas à saisir un seul mot. Le ton suffit, celui de la bataille, avec ses nuances qui expriment la surprise, l'effroi ou la colère. Des coulisses, un Messerschmitt en virage serré, jaillit devant moi à portée de tir, mais s'efface avant même que j'aie réagi. Les parages sont malsains. Mon esprit est trop captivé à vouloir distinguer la radio. Aussi je coupe la téléphonie. Le silence me restitue toute ma capacité d'attention.

Et, soudain, je suis en plein dans le bain. 6 Messerschmitt font la même route que moi, sur ma droite. Dans un couloir, voici un Spitfire qui plonge et d'autres avions encore impossibles à identifier. Si, pourtant, voilà 2 Heinkel. Une vraie exposition aéronautique.

Au moment où j'écris ce récit, un jour plus tard, j'essaie de comprendre quel était mon état d'esprit. Pourquoi n'ai-je pas essayé de poursuivre tout de suite un ennemi ? Une idée surnageait : je voulais apercevoir l'escadre allemande, une idée de marin, pour sûr. Et pourquoi donc eux, les 6 Messerschmitt, ne m'ont-ils pas attaqué ? Il semblait que nous nous rendions tous à un spectacle et que cela seul comptait.

Mais une giclée de balles traceuses juste au-dessus de moi, m'a rappelé au danger. Une giclée providentielle, car elle m'oblige à piquer. Ma découverte est inespérée. Je n'en ai, d'abord, que des visions fugitives ; sous les nuages gris, la clarté est faible, une gaze noire tamise le vert de l'eau, sans doute un reste de fumigène que le vent lamine vers le nord. Et voici un mât de direction de tir, avec sa tourelle, son télémètre. Juste derrière, la cheminée coiffée de rond vomit des volutes soufrées. La coque estompée reste imprécise. J'ai l'impression de ne courir aucun risque. La pauvre visibilité et mes 300 km/h sont une protection bien suffisante contre l'ennemi marin. Le navire, d'ailleurs, a disparu presque aussitôt derrière moi. Je n'ai rien vu d'autre, mais je sens qu'un monde m'entoure.

Ne perdons pas la tête. Cap à l'est 5 minutes, le temps de réfléchir.

Il est 3 h 5. À bord, tout va bien. J'ai près de 30 mn ayant de songer au retour. Dans le nord, l'écran des fumigènes se dilue avec la distance, la houle est bien formée avec de grosses crêtes qui fument ; çà et là des grains soudent la mer aux nuages. À 30 m au-dessus de l'eau, je viens à l'ouest-norois et ouvre mon dôme car le pare-brise trouble m'empêche de bien voir devant. Il pleut.

Sorti du grain, je découvre brusquement toute une armada. Le tableau est extraordinaire. À quelques milles dans le sud, bien découpés sur la bande de ciel entre mer et plafond, les trois gros navires, le Scharnhorst, le Gneisenau et le Prinz-Eugen, font route à l'est. Leurs masses grises se piquent des brèves lueurs de l'artillerie secondaire. Sur quoi tirent-ils ?

Gneisenau b
Scharnhorst (ou Gneisenau)

Devant eux, assez loin, un petit croiseur ouvre la marche, tandis que plusieurs bâtiments légers les flanquent. Comme l'étendue de mer, sur la gauche, est peuplée jusqu'à mon cap actuel, je suis porté à observer du côté droit.

À ma grande stupéfaction je m'aperçois alors que j'ai débouché en plein dispositif de protection éloignée. Trois torpilleurs, tout près de moi, tossent mollement, mer de l'arrière, avec de très amples roulis, laissant un sillage d'une bonne trentaine de nœuds. Un groupe de MTB et de E-Boats est plus au large. Je me demande si ces derniers ne sont pas des Anglais. Ceci expliquerait les lueurs de départ des coups. J'en suis là de mes interrogations quand quelques pointillés rosés, venus d'en-bas, m'encadrent et m'enlèvent le goût de disserter.

Tourné cap au sud, je viens en rase-mottes à 5 m des crêtes blanches. À droite, un contre-torpilleur tire sur moi. Une de ses armes automatiques, dans un coup de roulis, plante sur la mer une allée de gerbes grêles. Au passage, mon viseur sur sa passerelle, je lâche une rafale des canons. Des hommes s'aplatissent derrière les pavois et mes projectiles font naître des petits nuages gris. Tout va très bien.

Replongé dans un creux de houle, je me retrouve avant d'avoir réfléchi par le travers du serre-file, le Prinz-Eugen.

Prinz eugen 1
Prinz-Eugen

Ma mémoire n'a enregistré que des clichés. L'énorme masse grise laboure la mer. Des flammes piquettent les superstructures. Un avion en vrille traverse mon champ de vision, percute l'eau, disparaît, tandis que sa gerbe fouettée par le vent défile en mince rideau d'écume. Je n'ai pas eu l'audace de tirer à hauteur de mât sur la passerelle du croiseur de ligne.

Monté en spirale sur la droite pour éviter la rencontre, je reste le souffle coupé pendant les quelques secondes où mon avion présente son ventre à toute l'artillerie du Prinz-Eugen. Je ne sais même pas si l'on a tiré sur moi. D'instinct j'ai grimpé jusqu'à percer le premier plafond.

Après la revue nautique, je trouve ici le carrousel aérien. Une escadrille de Junkers 88, vers 2.000 pieds, tourne en rond. C'est le seul groupe qui semble faire une chose cohérente dans le méli-mélo où se croisent croix noires et cocardes.

J'en suis à peine au stade de l'étonnement, qu'un réseau de balles se tisse autour de moi. Qu'à cela ne tienne, j'ai compris la règle du jeu. Sans même avoir aperçu mes assaillants, j'ai regagné l'abri des nuages. Un grand as aurait-il fait mieux que moi ? Peut-être, mais où que j'aille, seul, je suis pourchassé dès que je mets le nez dehors.

Me revoici sous le plafond. Cette fois, l'escadre allemande est à bâbord. Le premier bâtiment, le Scharnhorst, vient de sortir de la ligne et, au point où son sillage s'est incurvé, un disque d'intumescence fait supposer qu'il a été touché par une explosion, mine ou torpille. Les drisses se couvrent de pavillons. Il semble que quelque chose n'aille pas pour le mieux sur l'eau.

Je voudrais bien rester là encore en spectateur jusqu'à ce que la nuit se fasse. J'ai vraiment pris une âme de spectateur et les esquives, avec ces bons nimbus bien placés, n'ont plus de secrets pour moi. Mais il est 3 h 1/2. Je dois faire route sur l'Angleterre si je ne veux pas tomber en panne d'essence.

Le dos à égratigner les nuages, je m'éloigne des bâtiments qui n'ont guère l'air de s'occuper de ma mince personne. Trouant avec timidité la couverture, j'explore avec attention derrière moi. Deux Heinkel font route au nord, un Junker, au contraire, vers la Hollande.

Devant, mon cœur a bondi. Un peu plus haut, à un demi-mille, ma propre escadrille est, elle aussi, sur le chemin du retour. Ils n'ont pas rompu la formation, ce qui, je l'avoue aujourd'hui, aurait dû m'étonner. Cap à l'ouest, en vol de canard, ils profilent à contre-jour leurs ailes minces que je connais si bien, sur un fond éclairci par le soleil.

J'ai machinalement compté 5 avions sur la branche droite du vol de canard. Dieu soit loué, Grosvenor est rentré ! Mis les gaz pour les rejoindre. Il ne reste plus rien du carrousel de tantôt et il me semble faire, dans le calme revenu, un simple exercice.

Deux Messerschmitt, très haut, trompent ma quiétude. À la traîne, je suis en danger. Aussi ne les perdrai-je pas de vue pendant mon ralliement. Heureux de me retrouver avec les copains, j'arrive enfin à une trentaine de mètres derrière Grosvenor, m'approche encore. Personne n'a accusé qu'il m'ait vu rentrer. Ouf, m'y voici.

Pour la première fois depuis une heure, je change le portage de mes fesses sur le siège et, détendu, m'apprête à réviser la collection d'événements de ce fertile après-midi.

Je suis à poste depuis quinze secondes quand, machinalement, mon regard glisse sur l'avion de Grosvenor. Je sursaute, en panique. Cette aile que je touche presque est timbrée de la croix noire : un Messerschmitt ! En une seconde, j'ai compris que j'ai rallié une escadrille allemande qui, chose étrange, volait dans la même formation que la nôtre et comportait le même nombre d'avions.

II ne faut pas un grand calcul de défection pour ouvrir le feu sur cette cible idéale qui déborde de tous côtés le champ de mon viseur. Les yeux fermés, on ne pourrait la manquer. J'ai lâché d'un seul geste canons et mitrailleuses et, d'un retournement brusque, sans demander mon reste, m'enfonce dans le nuage le plus proche où cette bande déchaînée ne me retrouvera pas.

30 mn plus tard, dans un jour pauvre, je franchis un rivage inconnu. J'essaie vainement, sur la radio, de me faire prendre en charge par une station. L'éther est encombré de mille conversations, parmi lesquelles mon anglais déficient n'arrive pas à séduire un interlocuteur.

L'essence est basse. Après avoir perdu des instants précieux entre ce qui devait être Margate et Chatham, je tombe enfin sur les hautes tours de Canterbury. Maidstone est à 5 mn de là. 7 pilotes de mon escadrille, dont Grosvenor, s'y sont déjà posés. Les autres, il faudra 2 h de coups de téléphone à Carver pour les retrouver au complet entre Manston et Tangmere.

Bien entendu, mon aventure restera une belle histoire jusqu'à ce que, plus tard, après la guerre, un pilote allemand, je l'espère, témoigne de cet étrange ralliement.

Quant au chef d'escadrille, à la fin du rapport qu'il vient d'achever, il a noté avec son humour britannique :

« II faut voir un trait de la Providence dans le fait que le Cdt Jubelin ait rallié une formation en tous points semblable à celle qu'il avait quittée et qu'aucun des Messerschmitt n'ait semblé prendre ombrage de son retour. Ceci laisse supposer qu'ils avaient détaché eux-mêmes leur serre-file pour explorer le ciel. La Providence fait bien les choses. »

Nous apprenons ce soir, d'après des informations officielles, que les bâtiments allemands ont été gravement avariés à la torpille par des attaques de destroyers et de vedettes rapides. J'aurais donné cher pour voir se dérouler une de ces attaques.

Ope ration cerberus
Trajet des navires allemands pendant "Cerberus" (John Asmussen)

Je ne suis pas très fier de ma sortie, je l'avoue. Dans toute cette fantasia, j'aurais dû trouver l'occasion de descendre à coup sûr un Boche. Il est probable que je ne saurai jamais le résultat de mon tir sur le contre-torpilleur et sur le Messerschmitt. Je me reproche d'avoir manqué de mordant. Mais pour moi, marin de métier et aviateur de fortune, la rencontre de cette escadre redoutée fuyant à 30 nœuds sur des flots de colère, sous un ciel de malédiction, cette rencontre captivait trop mes sens pour que je fusse autre chose qu'un spectateur.

André JUBELIN

Extrait de « Marin de métier, pilote de fortune » (Éd : France Empire - 1951)

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Date de dernière mise à jour : 20/04/2020

Commentaires

  • Delye
    • 1. Delye Le 29/01/2024
    Bonjour,
    Je recherche une bande son de la voix de l'amiral André Jubelin.
    Sauriez vous me renseigner ?
    Merci
    Odile delye

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