- Atterrissage au Puy de Dôme

 

ATTERRISSAGE AU PUY DE DÔME

               

Aérodrome de Buc, 8 h 57, le 7 mars 1911. L'aviateur Eugène Renaux et son compagnon Albert Senouque décollent leur biplan Farman en direction de Saint-Cloud, puis c'est le cap au Sud. Ils ont 150 à 200 litres d'essence, un baromètre, une boussole, un cornet acoustique pour se parler et... une certaine dose d'enthousiasme. Renaux a fixé dans son dos une carte que Senouque lira au fur et à mesure de la progression du vol.

Deux commissaires de l'aéroclub de France sont présents pour contrôler le départ de Buc. Monsieur et Madame Maurice Farman assistent aux préparatifs et partent en automobile voir passer les aviateurs à Saint-Cloud. Sont aussi présents M. Richard, chronométreur officiel et M. Bienaimé, commissaire de l'Aéro-club de France.

Le temps est brumeux et le vent de Nord-Nord Ouest. Les aviateurs passent Cosne-sur-Loire vers 11 h 15 et cap sur Nevers où ils effectuent un ravitaillement. Le Farman vole à une allure d'au moins 80 kmh, peut être plus car, à peine avait-on aperçu l'appareil qu'il disparaissait déjà à l'horizon. 11 h 53, atterrissage à Nevers. Ovation d'une foule aux deux voyageurs qui sont très calmes et très frais. Courte interview par l'envoyé spécial du journal "Excelsior Illustré" :

- « gêné par le vent arrière qui nous ballottait d'inquiétante façon... Altitude 500 m durant tout le parcours, le moteur
     a consommé 70 litres d'essence. Un dernier coup d'œil à mon biplan, et je m'en vais ».

12h16 : mise en route et décollage ; cap sur Moulins où l'avion quitte la vallée de l'Allier pour celle de la Sioule et ligne droite vers Clermont-Ferrand.

Observatoire du Puy-de-Dôme, 14h 11, émotion, Renauxest en vue. Le Farman effectue le tour complet de la cathédrale vers 1300 m d'altitude puis monte à 1900 m pour apercevoir le sommet. Le pilote redescend ensuite au niveau de la plateforme sur laquelle il pose son appareil qui s'arrête après un roulage de 5 à 6 m.

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Les deux aviateurs ont remporté le "Grand Prix Michelin" au terme d'un trajet total de 5 h 10 min et 27 sec, en avance de 50 mi­n sur le délai imposé pour franchir les 380 km du parcours.

Ce prix, lancé en mars 1908 et doté d'une récompense de 100.000 francs, imposait au pilote de décoller de Paris avec un passager à bord, survoler l'arc de triomphe puis parcourir 340 km jusqu'au Puy-de-Dôme et y faire le tour de la cathédrale avant de se poser au sommet du Puy, le tout en moins de 6 h.

Les spécialistes de l'époque pensaient qu'un tel exploit ne serait pas possible avant de nombreuses années !

Weymann et les frères Morane avaient déjà échoué en 1910.

 

                                                                                                                                        Guy PAQUELET
 

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>Extrait de "Pionniers" n°185 de mai 2011

 

Date de dernière mise à jour : 16/03/2013