- Voltige plaisir

LA VOLTIGE "PLAISIR"

 

Cette voltige ne s'oppose pas à celle de compétition, mais y prépare, ou permet d'en sortir de temps en temps. Son rapport aux sports aériens s'apparente au hors-piste en ski.

L’avion de voltige, complètement libre de ses mouvements dans les trois dimensions, c’est l'oiseau dans l'air, le poisson dans l'eau. Tributaire de son moteur, barbare et bruyant certes, mais capable de figures, extraordinaires pour l’animal. Avez-vous déjà vu un oiseau ou un poisson en tonneau déclenché, ou boucle inversée ?

Voltige "plaisir", parce que libérée de la plupart des contraintes réglementaires, techniques et administratives de la compétition rigoureusement préréglée, encadrée et jugée. Restent les règles communes de l’air et les actions de sécurité, naturelles à la plupart des pilotes privés, semi-professionnels qui parfois s'ignorent.

Elle s'apparente beaucoup à la danse, plutôt classique, et en aucun cas à l'acrobatie, terme stupide qui a pourtant la vie dure.

cap-10-2.jpg Le Mudry CAP 10 (DR)

Pour initier, il convient d'abord de limiter l'appréhension (normale), en expliquant, en démystifiant. Tout pilote peut faire de la voltige sans être malade. J'insiste beaucoup sur ce principe, toujours confirmé dans mes séances d'initiation.

Prêts ? c'est parti... Pour une boucle, par exemple, simple mais élégante si elle est bien ronde et savoureuse dans toutes ses phases.

Accélération (3-4 g, pas plus), corps avec la machine, nez plein ciel, le paysage (et la symétrie) à gauche, à droite, et puis tête en arrière, cette vision dont je ne me lasse jamais : l'apparition de la piste dans l’arrière de la verrière. Et là, tout en nuance de pression sur le manche, on l'arrondit, on la dessine. La verticale en descente vous met du paysage plein la vue, encore quelques "g", tout en souplesse, on assoit la bête sur sa trajectoire initiale... et on enchaîne.

Il s'agira aussi d'une satisfaction esthétique, celle de lier le plus naturellement possible et suivant son propre désir les figures qui plaisent, celles que l’on a choisies et pourquoi pas : inventées.

Danse, expression corporelle ? J'ai toujours rêvé de voltiger... en musique. J'ai déjà dit que cette voltige-là se faisait comme l'amour (les sourires de certains...); je le maintiens. Pour la similitude de finesse, de sensations, de jouissance, au sens le plus noble du terme. Mais le discours-passion devient vite dithyrambique...

Heureux de vous avoir donné l'envie d'essayer...

                                                                                                    René LUSSAGNET

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 23/10/2011