- Quand nos C-135 ravitaillaient Concorde


QUAND NOS C-135 RAVITAILLAIENT CONCORDE

Par deux fois, les ravitailleurs des FAS sont intervenus
pour faciliter les déplacements du Président de la République.


1 - Ravitaillement aux Acores

12 et 13 décembre 1971 sur la base américaine de Lajes.
À l'arrivée du Concorde avec le Pdt Pompidou à bord, un orage passait sur le terrain. Ils ont subi un fort cisaillement de vent en finale, phénomène relativement méconnu à l'époque, et ont tapé (très fort) sur les peignes d'entrée de piste, à quelques mètres de la catastrophe. Ceux qui étaient au cockpit ce jour-là, et qui sont encore parmi nous, en parlent encore.

Terrain de lajes                                                                                                                 Terrain de Lajes (DR)

Côté français :

- 1 Concorde (Pdt Pompidou et staff),
- 1 Caravelle gouvernementale pour officiels et journalistes accrédités,
- 1 Caravelle Sud-Aviation pour les techniciens du Concorde,
- 2 C-135 pour le carburant (TR 0) destiné au Concorde 

Le Concorde était l'un des prototypes, ou un appareil de présérie, déséquipé d'une partie de ses matériels d'essais pour l'aménagement d'une zone passagers. Les moteurs Olympus 593 n'étaient pas certifiés pour fonctionner avec le pétrole TR4 (standard des avions militaires américains) carburant seul disponible sur la Base.

Concorde lajes                                                                           Sud-Aviation "Concorde" (DR)

Côté américain :

- 1 Boeing 707 "Air force One" (Pdt Nixon et staff), c'était peu, mais il était sur une base de l'US Air Force.

Airforceone                                                                 Boeing 747 "Air force One" (DR)

Le transfert du carburant C-135 → citerne → Concorde  fut une opération faite sous "haute insécurité" ce qui est exceptionnel sur une base américaine.

Contrairement à ce dont nous disposions sur nos bases :

- pas de gros véhicule de service incendie en surveillance mais de simples extincteurs de piste,
- pas de liaison de mise à la masse terre-avion mais une improbable liaison masse citerne-avion.
- pas de raccordement étanche et fermé du tuyau de defueling de l'avion à la citerne mais un tube plongeant
  dans une écoutille ouverte sur le dessus de la citerne de laquelle s'échappaient les vapeurs du carburant
  tombant en cascade à gros débit grâce à la mise en route d'une pompe de RVT alternativement en fonctionnement
  sur FWD Body Tank et sur AFT Body Tank.

Ce tuyau était maintenu par un soldat américain en équilibre sur la citerne, détournant sa tête de l'orifice afin d'inhaler le moins possible de vapeurs. Nous n'étions pas à l'abri d'une production d'étincelle par frottement de l'embout métallique du tuyau sur les parois de la citerne. Heureusement c'était du pétrole et non de l'essence.

Le transfert sur le Concorde se faisait sous pression depuis la citerne d'une manière tout à fait conventionnelle.

Nez concorde
On retiendra la vue de près de l'impressionnant Concorde et la gentillesse de son équipage venu nous saluer et nous remercier. Pour l'anecdote, la dégustation dans la Caravelle, du Chivas du Pdt Pompidou. Le Cne C. était certainement l'instigateur sympathique et persuasif de cette invitation.

 

2- Ravitaillement en Sibérie

25 avril 1994 :
Le Président François Mitterrand se savait condamné, il lui restait moins de deux ans à vivre. Alors il voulut revoir Samarcande. On déguisa ce voyage intime du président de la République en visite d'État. Donc, fin avril 1994, le Président s'envola en Concorde pour Tashkent en Ouzbékistan. Ses ministres, qui n'étaient pas ses amis politiques (c'était au temps de la cohabitation) ­ Nicolas Sarkozy, ministre du Budget, Alain Lamassoure, secrétaire dÉtat aux Affaires européennes ­ volèrent en Falcon (chacun le sien), les journalistes remplirent tout un Airbus.
Ae rogare tashkent                                                                         Aérogare de Tashkent (DR)

Trois C-135 se posèrent également à Tashkent pour avitailler au sol le Concorde, qui ne pouvait prendre le pétrole russe, à priori non compatible avec les moteurs Olympus. L’avitaillement du Concorde fut fait directement des réservoirs du C-135,  via la prise NATO ou par la perche de RVT.

Les 3 C-135, eux, sont repartis avec du pétrole russe pollué.

C 135 tashkent                                                                                                     Boeing C-135FR (O. Cabaret)

 

     Cette page a pu être réalisée grâce à :

Gilbert BEZIAT, Michel BOISSONNET, CROUINEAU, Michel DONATO, Pierre GRANGE, 
Pierre GROSJEAN, Maurice LARDET, Pierre NIGAY, Jean-Pierre THIBAUDAT, Charles TRMAL

 

Question : CROUINEAU : Orthographe et prénom SVP ?

 


             

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 28/10/2017