- Lettre ouverte aux équipages

 

LETTRE OUVERTE AUX ÉQUIPAGES

Macaron
La mythologie connut le centaure, monstre moitié homme, moitié cheval. Plus tard vint le mi-ange, mi-démon, bon ou mauvais. Enfin, arriva la convoyeuse de l'air, divinité mi-infirmière, mi-hôtesse !

Comme tout être fabuleux, qu'il soit issu de la mythologie, de la religion ou du transport aérien militaire, il appartient à la légende. Mais, bien qu'invraisemblable, il n'en demeure pas moins vrai. Je le sais puisque je suis leur chef ! Mais comme tout être de légende, il ne peut jamais être rationnellement défini. C'est là notre lot, mais aussi notre spécialité.

Moi, ce que je sais, c'est que lorsque je vois partir Brigitte, Odile, Nathalie, Sophie, Isabelle, Astrid... en tenue verte couleur "combat" avec le masque à gaz, le gilet pare-balles, le casque bleu, je sais qu'elles vont aller sur le terrain pour, s'il en est besoin, vivre leur métier d'infirmière. Et, même si au dernier moment elles glissent tout au fond de leur poche ce petit tube de rouge à lèvres, elles savent que dans leur lot sanitaire il y a ce qu'il faut. Et puis, un dernier réflexe de coquetterie ne nuit en rien aux "guerrières" (à chacun ses peintures de guerre). D'ailleurs messieurs, qui me dit que vous ne glissez pas dans votre poche, au dernier moment, un petit échantillon d'after-shave !

Pendant ce temps-là, Anne, Emmanuelle, Véronique, Dominique, Yvette, Cathy... en tenue bleue couleur "travail" partent à l'assaut d'un redoutable obstacle : "la mission avec passagers".   Cette «mission logistique» est plus scabreuse pour une convoyeuse de l'air qu'une «mission tactique», car là, vous devez affronter ce deuxième rôle pour lequel on vous dit ne pas être «faite» ! C'est-à-dire celui de conforter une maman aux prises avec ses enfants, soutenir un passager faisant un petit malaise vagal ou cet autre ne supportant pas le décalage horaire. Il faut également assister le comandant de bord, le chef de cabine et aider le médecin assurant une évacuation sanitaire.

Ce rôle "d'assistante de bord" plus qu'hôtesse d'ailleurs, sur "avion à moquette", n'est pas non plus pour nous déplaire, car après s'être pris un nombre incroyable de fois nos petits pieds, quoique chaussés d'énormes chaussures, dans les chaînes d'arrimage du Transall et avoir glissé sur les rouleaux des palettes du C-130, qu'il est doux de poser nos pieds fragiles chaussés enfin d'escarpins sur la moquette moelleuse d'un DC-8 en partance pour l'autre bout du monde ou d'un Falcon effectuant une EVASAN. À chacun son repos !   Mon grand regret il est vrai, c'est de ne pas les poser plus souvent dans nos hélicoptères !

Par ces quelques mots, je n'ai rien voulu prouver. J'existe, c'est tout, et je suis convoyeuse de l'air. Mais ce que je voulais, c'est dire aux équipages du COTAM que quelque soit l'avion sur lequel nous volons, nous serons toujours avec eux pour les aider, les assister, partager ensemble les bons et mauvais moments. Nous comptons sur eux, et sans eux, nous ne serions pas convoyeuses de l'air.

                                                                                                Cdt Anne BROQUET,
                                                                                       Chef des Convoyeuses de l'Air

PortraitLa Lcl Anne Broquet (DR)

 

 

Date de dernière mise à jour : 23/02/2014