- La "chose" de Milan111

 

LA "CHOSE" DE MILAN 111

Mon cher camarade du temps passé. Je t’ai un jour annoncé que je te révélerai une aventure qui est restée dans la mémoire de Milan 111.

C’était au cours d’un de ces vols périodiques entre 35 et 40.000 pieds, 10 h du soir et minuit… dans la deuxième branche de navigation Luxeuil-Istres aux environs du travers de Lyon donc à portée du radar de contrôle "Rambert".

J’entends Soub me dire, il n’était pourtant jamais vulgaire :

 - « Merde, il y a quelque chose à côté de nous » 

Puis il appelle "Rambert" en lui demandant :

- « Y a-t-il un trafic dans les environs ? »

Silence du Radar puis :

- « Aucun trafic dans le secteur ».

Cette chose lumineuse était à nos quatre heures, distance difficile à apprécier… Ma position dans l’avion ne me permettait de voir que dans le secteur avant, mais en débouclant mon harnais de siège et en m’asseyant sur le bord avant je pouvais voir jusqu’à nos quatre heures… et là, j’ai vu la chose sans pouvoir en déterminer la forme exacte, le halo lumineux enveloppant le tout, les contours étaient noyés dans cette lueur. L’ensemble ressemblait plus à une courge couchée qu’à un vaisseau spatial.

Original2                                                                                                  La "chose" (Infographie de J. Houben)

Reprenant ma place sur mon siège j’entendis Soub renouveler sa question à "Rambert". Même réponse laconique :

- « Personne à part vous »

 À cet instant un de nos camarade en vol nous cria

 - « Oxygène ».

Quelques instants plus tard, la "Chose" disparut en montant dans le ciel à une vitesse qui fit bégayer Soub. Je n'ai pas eu le temps de me glisser à l'avant de la cabine pour admirer mais l'ascension devait être fantastique pour faire bégayer  un pilote qui n'était pas un jeunot.

Imaginant les lazzis qui nous attendaient au retour si nous évoquions notre aventure, sans oublier les réactions de la hiérarchie qui ne manquerait pas de nous envoyer chez le psy et autres, en nous interdisant au passage de voler jusqu’à nouvel ordre, aussi très courageusement nous n’avons rien dit, étonnés au passage du silence de celui qui nous avait crié à la radio "Oxygène". 

                                                                                                          Jacques HUGO (Milan 111 Bis)

 

 

Date de dernière mise à jour : 14/11/2017