- Décollage sur alerte sur OVNI

 

DÉCOLLAGE SUR ALERTE SUR OVNI

Base d’Orange, un dimanche matin,
en alerte à 15 min sur Mirage IIIC.


Il fait très beau et la journée va être longue. Je flemmarde un peu au lit, retardant le moment où, après une bonne douche, je vais aller déguster mes œufs-jambon arrosés d’un verre de jus d’orange.


Normalement il y aura certainement dans la journée, un décollage sur
alerte « téléphoné », histoire de voler un peu. Ce sera sur un liner tout à fait identifié que l’on interceptera sans trop l’approcher, ou sur un vol abonné qui vient faire ses heures de vol et qui, sauf exception, à plus envie de faire ses rodéos GCA pépères que de se « maillocher avec un jeune PO qui lui, a envie de se défouler !


Je suis en train de fignoler la cuisson de mes œufs lorsque le klaxon retentit.
La machine bien rodée se met immédiatement en route : je laisse tomber mes œufs, les mécanos laissent tomber les cartes de tarot et je n’ai pas fini de zipper ma combinaison anti-g que le groupe de démarrage tourne déjà.

Dès que le cordon radio est branché, j’entends l'OPO me dire de rester en alerte renforcée (c’est à dire à 2  min) et d’attendre pour mettre en route.


Hangarette                                                                          Alerte dans une "hangarette" (DR)

Comme le démarrage est retardé j’en profite pour bien m’installer ce qui n’est pas souvent le cas lorsqu’on décolle dans la foulée.
La verrière est entr’ouverte et j’attends les instructions.
Le Target est un objet en forme de cigare, de couleur métal, en stationnaire au-dessus de la Corse, et vient d’être signalé par 2 avions commerciaux, certainement très au-dessus du niveau 400.

On attend encore avant de décoller. Enfin un OVNI ! Depuis le temps que je rêve d’en voir un.
Je communique l’info à mon mécano avion qui attend patiemment lui aussi au pied de l’avion.

Je m’entends très bien avec mes mécanos, j’ai beaucoup d’estime pour eux. Je salue leur dévouement et je reconnais l’ingratitude de leur travail alors que nous, nous avons le côté plaisir de voler. Plus tard j’aurai le plaisir de constater qu’ils me rendent bien mon estime, à leur façon, en peaufinant les réglages des avions que j’utiliserai pour le tir de la coupe CAFDA à plusieurs reprises : des vrais racers, certainement les Mirage IIIC les plus rapides de l’Armée de l’Air à ces moments là ! Et des conduites de tir réglées au petits oignons, me permettant à chaque fois de pulvériser la Soulé dès les premiers obus !


Comme l’attente se prolonge, mon mécano remet l’échelle et m’apporte mes œufs jambon dont je me régale en vitesse. Bien m’en prend car l’ordre de décollage me parvient à la dernière bouchée.

Décollage dans les temps bien sûr, montée PC vers le niveau 400, croisière mini PC au niveau 450, et j’ai bientôt le visuel sur un superbe ballon qui sert de cible à nos amis artilleurs et qui est certainement au niveau 600, énorme.

Retour tranquille vers le bercail après m’être assuré du mieux que je peux que nul câble ne pend sous le ballon.

Mirage 3 c en vol copie 1                                                                      Mirage IIIC en approche (DR)

C’est au retour, en remplissant le cahier d’ordres, que je remarque la date : 1er avril !

                                                                                      Gérard PAIN

 

Date de dernière mise à jour : 20/01/2016