- Bain forcé en Mer de Chine


 UN BAIN FORCÉ EN MER DE CHINE
 

                     Ce récit concerne un évènement survenu en Centre-Annam où le "Normandie-Niemen", 
                     arrivé en Indochine à l’automne 1949, avait créé à partir de février 1951 un détachement à Tourane.

Décollage en fin d’après midi, le 9 mars 1951, de la patrouille Parodi-Pichoff pour une intervention dans la région
de Quang-Ngai, environ 100 km au sud de Tourane.

En fin de mission, Pichoff, remarquant que le moteur de son Hellcat tourne de plus en plus mal, met le cap à l’est
et s’engage sur la Mer de Chine au voisinage de l’île de Poulo-Canton.


Grumman F6F-5 "Hellcat" (DR)
 

Rapidement, le moteur s’arrête. Pichoff se ditche sans problème mais, l’avions’enfonçant rapidement, il ne peut extraire son canot du cockpit. Il n’a donc que sa mae-west qu’il gonfle facilement avant de se laisser glisser à l’eau.

Parodi a bien vu Pichoff dans l’eau, et il donne l’alerte pour prévoir une relève car, étant en fin de mission, il ne pourra rester longtemps au voisinage de son équipier qu’il commence à perdre de vue, la nuit tombant rapidement sous cette latitude. Il reste en virage continu au dessus de l’endroit présumé mais, la nuit étant maintenant tombée, il rentre à Tourane.

Plus tard, un Toucan largue des dinghies sur la position estimée.

L’alerte ayant été transmise à la Marine nationale, un escorteur en mission de surveillance côtière, le "Pnom-Pen", est dérouté vers la zone de recherches, mais il est à une centaine de kilomètres !

  

La lune s’est levée. Pichoff nage lentement vers l’île qu’il suppose inhabitée. Curieusement, il ne pense à aucun moment aux requins qui doivent pourtant pulluler à cet endroit. Il a suivi les évolutions de son chef de patrouille qu’il a vu s’éloigner progressivement et il n’a ni vu ni entendu  le Toucan.

Le temps passe et, soudainement, Pichoff voit au-dessus de lui, très proches, les lumières du bâtiment. Il lance un cri qui est entendu par les veilleurs de l’escorteur. Il est recueilli à bord où le second lui dit :

            -  «Oh Piche, qu’est ce que tu fous là ?»

C’était un de ses camarades du Prytanée ! Le Pacha :

            - « Vous avez eu de la chance, la position que l’on nous avait donnée était 4 nautiques 
                 plus au nord !»

Évidemment, nous étions tous dans la nuit au port de Tourane pour accueillir notre camarade avec du champagne.

                                                                                                                       Jean HOUBEN



Date de dernière mise à jour : 04/05/2013